À quelques mètres de l’avenue Jean Médecin et de son flot estival, la rue Tonduti de l’Escarène déroule une enfilade de commerces que les visiteurs pressés dépassent sans les voir. Avec la rue Gubernatis toute proche, elle forme l’une de ces poches discrètes de la Rive Droite où les Niçois font leurs courses, cherchent un livre ou déjeunent debout, loin de la foule de juillet.
Rue Tonduti de l’Escarène, la parallèle discrète
Parallèle à l’avenue Jean Médecin, la rue Tonduti de l’Escarène ne cherche pas à retenir le passant, et c’est précisément ce qui en fait une rue de quartier. Après la rue Défly et la rue de l’Hôtel des Postes, la promenade des rues commerçantes de la Rive Droite se poursuit ici, dans un registre plus domestique : on y vient pour quelque chose de précis.
Au n° 7, Nature & Santé tient le rôle de l’épicerie bio de quartier. Compléments alimentaires, huiles essentielles, cosmétiques naturels et produits diététiques y occupent des rayons serrés, dans le format d’un commerce indépendant plutôt que d’une grande surface spécialisée. On y entre pour une tisane précise ou pour un conseil, rarement pour flâner — la définition même du commerce utile.
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Trois numéros plus loin, Nuvoletta a fait de la focaccia une obsession déclarée. La pâte est pétrie et cuite chaque matin sur place, à partir de farines italiennes et d’une fermentation lente que la maison revendique sans détour : pas de base industrielle. Mortadelle, stracciatella, pistache, tomates confites — la garniture varie, le pain reste le sujet. De quoi compléter la carte des pauses déjeuner de la Rive Droite.
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Au n° 15, la librairie Meyer et Bernini impose un tout autre rythme. Bouquiniste, la maison rassemble livres anciens et modernes, éditions originales, ouvrages illustrés et curiosités, auxquels s’ajoutent cartes anciennes, affiches et photographies encadrées. C’est le genre d’adresse où l’on entre pour un titre précis et d’où l’on ressort, une heure plus tard, avec un autre sous le bras.
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Rue Gubernatis, le prolongement naturel
À quelques pas de là, la rue Gubernatis prolonge la même logique : peu de vitrines spectaculaires, mais des maisons que l’on fréquente à l’année.
Au 9 bis, Mon Terroir applique une règle de sélection simple : rien qui vienne de plus de 200 kilomètres. Huiles d’olive, tapenades, vins et apéritifs de la région, miels et douceurs artisanales y côtoient des produits frais — fruits, légumes, fromages. L’enseigne, créée en 2025, préfère assumer un assortiment resserré et un approvisionnement en circuit court plutôt qu’un rayonnage large.
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Au n° 14, UV Center a largement débordé de son enseigne d’origine. Claudia, d’abord employée puis gérante depuis 2012, y fait tourner un atelier beauté complet : épilation, onglerie, soins du visage et du corps, presso-esthétique. Pour celles et ceux qui cherchent le teint d’été sans l’exposition, la maison propose également un tanning spray sans UV. Ouvert du lundi au samedi.
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Faire ses courses à Nice Centre au mois de juillet
En juillet, le centre de Nice se vit à deux vitesses. Il y a l’avenue Jean Médecin et la place Masséna, saturées de visiteurs, et il y a ces rues parallèles où la ville continue simplement de fonctionner. La rue Tonduti de l’Escarène et la rue Gubernatis appartiennent à la seconde catégorie : on y croise des habitués, on y prend le temps d’une conversation au comptoir, et l’on repart avec un bocal, un roman ou une focaccia tiède. C’est aussi de cette manière, en poussant une porte plutôt qu’une autre, que l’on garde vivants les commerces indépendants de la Rive Droite.


